Une école centenaire

Visite de S.M. le roi pour le Centenaire de notre institut

Le roi Philippe nous a fait l’honneur de sa visite ce mardi 16 mai 2017, à l’occasion du Centenaire de notre école.

Nous avons ainsi pu lui faire découvrir nos travaux les plus récents comme l’immersion en entreprise, la semaine de la solidarité et la lutte contre le décrochage scolaire.

 

Une journée mémorable que vous pouvez revivre en visitant notre galerie royale et en visionnant quelques clips sur LaChaîne Cardinal sur YouTube.

Les Aumôniers du Travail

Il y a plus de 100 ans que les Aumôniers du Travail (Congrégation religieuse) ont fondé l’Institut Technique et Professionnel Cardinal Mercier.

Depuis quelques années les Aumôniers ont voulu adjoindre à la Congrégation, une Fraternité. Elle est constituée de laïcs engagés au sein des différentes écoles faisant partie du réseau des écoles des Aumôniers du Travail (Arlon, Boussu, Charleroi, Meldert, Schaerbeek et Virton) chaque année ces laïcs renouvellent leur promesse.

Leur mission, perpétuer, être le garant de, l’esprit de la philosophie des Aumôniers qui est : « Justice et Charité »… être au service de plus petits, de tous.

La Fraternité a aussi en charge l’aspect pastoral au sein de l’Institut, avec un esprit d’ouverture, de respect et de tolérance. Notre institut est fréquenté par des élèves venant d’horizons religieux différents, c’est une richesse, à nous de l’exploiter au mieux.

Les membres de la Fraternité pour notre Institut sont: Camille Baise, Maryvonne Closon, Claver Kikota et Tino Fernandez, tous, à votre service, au service de « Cardinal Mercier ».

Fraternellement.

La Fraternité des Aumôniers du Travail
Schaerbeek

Le Cardinal Mercier


(1851-1926)

Désiré-Joseph MERCIER est né le 22 novembre 1851 à Braine l’Alleud, d’un père qui avait fait le coup de feu à Bruxelles en 1830, et d’une mère que ses voisines avaient pris l’habitude d’appeler « la sainte Madame Barbe ». Celle ci, par suite du décès prématuré de son mari, resta veuve avec cinq orphelins: trois filles qui, toutes trois, devinrent religieuses, et deux fils, dont l’aîné, Léon, sera médecin, tandis que Désiré Joseph se destine à la prêtrise.

Du collège Saint Rombaut à Malines où il fait ses études classiques, il passe au Grand Séminaire de la même ville où il se prépare au sacerdoce en s’adonnant à l’étude de la philosophie et de la théologie. Son évêque lui offre l’occasion d’approfondir ses connaissances en l’envoyant à la Faculté de Théologie de l’Université de Louvain. Ceci lui vaut de retrouver son frère et de se faire de nombreux amis qui, futurs médecins pour la plupart, lui ont attribué le sobriquet combien révélateur de « grand sympathique » !

Ordonné prêtre, Désiré Joseph Mercier se voit affecté à l’enseignement de la psychologie et de la logique au Séminaire de Malines, ce qui lui plaît assez. Il faut croire que ses talents n’y passent pas inaperçus puisqu’un jour, sur recommandation de l’évêque de Tournai, il est convoqué à Rome où il doit se présenter au pape Léon XIII lui-même. Celui ci envisage de créer à Louvain, en cette université au rayonnement mondial, une chaire de philosophie thomiste. L’impression que fit sur le pape, le jeune professeur de Malines fut sans doute favorable puisqu’il est, sur le champ, nommé titulaire de la chaire en question. L’abbé Mercier ambitionne de donner à cet enseignement des orientations nouvelles; pour mieux répondre aux interrogations de son temps, il cherche à jeter des passerelles entre science et religion.

Avant de se lancer dans l’aventure et afin de mieux atteindre l’objectif qu’il s’est fixé, il s’en va d’abord étudier la biologie à Paris où il a la chance de suivre notamment les cours du célèbre Charcot. Ainsi mieux armé il entame sa nouvelle tâche à Louvain, tâche qui l’occupera pendant vingt ans.

En 1888 il fonde à Louvain le Séminaire Léon XIII destiné à accueillir un certain nombre de futurs prêtres qui, détachés de leur diocèse, s’en viennent à Louvain parfaire leur formation philosophique. Homme d’avant garde, il est un des premiers à oser prôner l’abandon du latin au profit de la langue vulgaire dans l’enseignement de la philosophie et de la théologie!

En 1906 survient le décès du cardinal Goossens. Le pape Pie X nomme Désiré Joseph Mercier archevêque de Malines. D’entrée de jeu il se signale par un style nouveau le nouvel archevêque s’intéresse à tout et à tout le monde, il se préoccupe des questions sociales, s’adresse aux fidèles et aux prêtres en un style simple… Dès 1907, Pie X l’élève à la dignité cardinalice.

En 1914, la guerre le surprend à Rome où il participe au conclave qui aboutira à l’élection du pape Benoît XV. C’est là qu’il apprend l’incendie de Louvain et de la bibliothèque de l’Université. On devine son indignation. Celle ci redouble quand, rentré à Malines, il y trouve sa cathédrale mutilée par les bombardements de l’artillerie allemande.

Il assiste, la mort dans l’âme, au martyre de son pays: pillages, déportations, exécutions de patriotes se multiplient… Se taire n’est pas possible. Faisant fi de toute prudence et de toute diplomatie, il écrit au gouverneur allemand von Bissing, une vigoureuse lettre de protestation qui, à sa demande et malgré la surveillance de la Polizei, sera lue, le 1er janvier 1915, dans toutes les églises du diocèse de Malines. Il y proclame fièrement: « Le pouvoir occupant n’est pas une autorité légitime. Et, dès lors, dans l’intime de votre âme, vous ne lui devez ni estime, ni attachement, ni obéissance. Nous avons la prétention de rester, intérieurement, de coeur et d’âme, insoumis ! »

En quelques jours, la lettre fait le tour du pays (bientôt du monde) et cristallise la résistance de la Belgique entière. Fou de rage, von Bissing exige rétractation et excuses. Le cardinal reste inébranlable et se refuse à toute concession. Et, bien qu’il soit aux arrêts dans son palais épiscopal, Mgr Mercier continuera à protester chaque fois que l’exigera le sort fait à la Belgique. Celle ci lui en gardera d’ailleurs une reconnaissance qui ne se démentira jamais.

Après la guerre, mais sur un autre terrain, il fera la preuve du même courage. Allant à contre courant de l’opinion catholique de l’époque, il va se consacrer à la réconciliation des églises anglicane et catholique. A partir de 1921 il entame, en sa demeure, ces fameux « entretiens de Malines » qui sont comme les premiers jalons de ce mouvement oecuménique visant au rapprochement des églises séparées, dont on perçoit aujourd’hui les premiers résultats encourageants. Là encore, Mercier était largement en avance sur son temps.

En 1925, la santé de Mgr Mercier inquiète la Belgique. On apprend qu’il est hospitalisé à la clinique de la rue du Marais à Bruxelles. Le roi Albert, la reine Elisabeth se rendent à son chevet. Une opération est tentée, sans succès: la tumeur dont souffre la cardinal est cancéreuse. Et bientôt, c’est la fin.

Le télégraphe, la radio et les journaux transmettent la nouvelle. Le Cardinal est enterré dans la cathédrale Saint-Rombaut à Malines. Le monde entier est en deuil d’un grand patriote, d’un esprit aux vues audacieuses et d’un prélat éminent.

En savoir plus sur Désiré-Joseph Mercier (Wikipedia)

Notre histoire

On devine aisément qu’un homme de la trempe du Cardinal Mercier n’attendait pas les événements, il les prévenait. En pleine tourmente, il voulait préparer l’après guerre. Conscient de la difficulté que constituera la restauration du pays et du rôle qu’y pourra tenir la classe ouvrière, il est soucieux de former, au sein de celle ci, une élite qui, grâce à une solide formation morale et professionnelle, pourra faire face à la tâche qui s’annonce ardue.

Dès avant la guerre d’ailleurs, un projet de création, à Schaerbeek, d’une école professionnelle avait été élaboré; mais peut être avait il été remisé dans les cartons du fait des hostilités. Pas pour longtemps toutefois. Plus motivé encore par la nécessité de préparer la reconstruction du pays, le cardinal Mercier fait à nouveau signe à l’abbé Reyn, supérieur général, en décembre 1915 et lui propose de passer à l’exécution du projet. Le risque est grand ! En pleine guerre, construire une école, c’est de la folie. Qu’à cela ne tienne ! Confiant dans la Providence et dans le crédit de celui qui le sollicite, l’abbé Reyn accepte.

Pour réunir les capitaux il s’en va, mendiant de Dieu, frapper aux portes; et comme il se présente au nom du cardinal Mercier, chefs d’entreprises et particuliers se font un devoir de répondre généreusement à son appel, convaincus par ailleurs de faire oeuvre utile en collaborant à l’édification d’une école professionnelle.

Bientôt les fonds sont réunis et, malgré les difficultés que l’on devine, dès 1916 les murs sortent de terre. Un an plus tard, les premiers élèves (ils sont 35) occupent les locaux. Quatre ans après, lors de l’inauguration officielle, l’Ecole Professionnelle Cardinal Mercier (cette dénomination subsiste encore sur les murs du bâtiment de la rue Portaels) compte 270 élèves, répartis entre les sections française et néerlandaise. Dès sa création, l’école comportait les sections suivantes: TRAVAIL DU BOIS, TRAVAIL DU FER, ELECTRICITE (3 années d’études).

En 1928, tandis que s’ouvrent les mêmes sections en cours du soir, l’école prolonge les sections existantes en cours du jour en organisant une SECTION MOYENNE PREPARATOIRE A LA SECTION TECHNIQUE SUPERIEURE (3 années d’études). L’intention, ce faisant, est de préparer la voie à la création d’une école technique supérieure qui délivrerait le diplôme d’ingénieur technicien.

En 1968, obéissant aux lois linguistiques, l’Institut Technique Supérieur Cardinal Mercier se scinde en deux Instituts autonomes (ITSCM et HTIKM).

En 1979, on note le passage progressif de l’enseignement de type II en type I dit rénové. C’est en 1984 que se produit la fusion entre l’Institut Technique Supérieur Cardinal Mercier et l’Institut Notre-Dame du Sacré-Cœur ; celui-ci apporte à l’ITSCM les sections de transition sciences-économiques – langues modernes et professionnelle travaux de bureau.

L’école se transforme au fil des années et un tout nouveau complexe remplace les vieux bâtiments pour accueillir notre premier degré. En 1985, se termine la phase de rajeunissement de l’école ; le bâtiment dont la façade donne sur le boulevard Lambermont est entièrement restauré et adapté à l’enseignement. En 1987, la section professionnelle monitorat d’accueil s’ouvre. Cette même année, par rationalisation de l’enseignement supérieur de type court, l’enseignement supérieur se sépare de l’enseignement secondaire et s’unit aux sections de même niveau de notre école de Charleroi pour former l’ISAT, Institut Supérieur des Aumôniers du Travail Bruxelles-Charleroi.

En 1989, la mixité est pleinement réalisée dans toutes les classes.

Depuis lors, les mutations s’effectuent au fil des différentes décisions ministérielles ; en 1995, comme partout ailleurs, c’est la réforme du 1er degré : un degré à certification unique qui voit naître une nouvelle approche de l’enseignement notamment par l’apparition de nouvelles pratiques pédagogiques (modules de remédiation, accompagnement individualisé, soutien aux plus faibles,…) et de nouvelles activités plus centrées sur les élèves.

Avec confiance, la direction et les enseignants s’engagent également dans la réforme du 2ème degré professionnel dit 2DRD(2ème degré à rythmes différenciés).

Que Dieu garde à CARDINAL MERCIER et à son espace d’enseignement son dynamisme et donne à tous ceux qui y travaillent la foi et le courage des premiers pour continuer l’œuvre tant désirée par son fondateur, l’Abbé REYN.