Notre histoire

On devine aisément qu’un homme de la trempe du Cardinal Mercier n’attendait pas les événements, il les prévenait. En pleine tourmente, il voulait préparer l’après guerre. Conscient de la difficulté que constituera la restauration du pays et du rôle qu’y pourra tenir la classe ouvrière, il est soucieux de former, au sein de celle ci, une élite qui, grâce à une solide formation morale et professionnelle, pourra faire face à la tâche qui s’annonce ardue.

Dès avant la guerre d’ailleurs, un projet de création, à Schaerbeek, d’une école professionnelle avait été élaboré; mais peut être avait il été remisé dans les cartons du fait des hostilités. Pas pour longtemps toutefois. Plus motivé encore par la nécessité de préparer la reconstruction du pays, le cardinal Mercier fait à nouveau signe à l’abbé Reyn, supérieur général, en décembre 1915 et lui propose de passer à l’exécution du projet. Le risque est grand ! En pleine guerre, construire une école, c’est de la folie. Qu’à cela ne tienne ! Confiant dans la Providence et dans le crédit de celui qui le sollicite, l’abbé Reyn accepte.

Pour réunir les capitaux il s’en va, mendiant de Dieu, frapper aux portes; et comme il se présente au nom du cardinal Mercier, chefs d’entreprises et particuliers se font un devoir de répondre généreusement à son appel, convaincus par ailleurs de faire oeuvre utile en collaborant à l’édification d’une école professionnelle.

Bientôt les fonds sont réunis et, malgré les difficultés que l’on devine, dès 1916 les murs sortent de terre. Un an plus tard, les premiers élèves (ils sont 35) occupent les locaux. Quatre ans après, lors de l’inauguration officielle, l’Ecole Professionnelle Cardinal Mercier (cette dénomination subsiste encore sur les murs du bâtiment de la rue Portaels) compte 270 élèves, répartis entre les sections française et néerlandaise. Dès sa création, l’école comportait les sections suivantes: TRAVAIL DU BOIS, TRAVAIL DU FER, ELECTRICITE (3 années d’études).

En 1928, tandis que s’ouvrent les mêmes sections en cours du soir, l’école prolonge les sections existantes en cours du jour en organisant une SECTION MOYENNE PREPARATOIRE A LA SECTION TECHNIQUE SUPERIEURE (3 années d’études). L’intention, ce faisant, est de préparer la voie à la création d’une école technique supérieure qui délivrerait le diplôme d’ingénieur technicien.

En 1968, obéissant aux lois linguistiques, l’Institut Technique Supérieur Cardinal Mercier se scinde en deux Instituts autonomes (ITSCM et HTIKM).

En 1979, on note le passage progressif de l’enseignement de type II en type I dit rénové. C’est en 1984 que se produit la fusion entre l’Institut Technique Supérieur Cardinal Mercier et l’Institut Notre-Dame du Sacré-Cœur ; celui-ci apporte à l’ITSCM les sections de transition sciences-économiques – langues modernes et professionnelle travaux de bureau.

L’école se transforme au fil des années et un tout nouveau complexe remplace les vieux bâtiments pour accueillir notre premier degré. En 1985, se termine la phase de rajeunissement de l’école ; le bâtiment dont la façade donne sur le boulevard Lambermont est entièrement restauré et adapté à l’enseignement. En 1987, la section professionnelle monitorat d’accueil s’ouvre. Cette même année, par rationalisation de l’enseignement supérieur de type court, l’enseignement supérieur se sépare de l’enseignement secondaire et s’unit aux sections de même niveau de notre école de Charleroi pour former l’ISAT, Institut Supérieur des Aumôniers du Travail Bruxelles-Charleroi.

En 1989, la mixité est pleinement réalisée dans toutes les classes.

Depuis lors, les mutations s’effectuent au fil des différentes décisions ministérielles ; en 1995, comme partout ailleurs, c’est la réforme du 1er degré : un degré à certification unique qui voit naître une nouvelle approche de l’enseignement notamment par l’apparition de nouvelles pratiques pédagogiques (modules de remédiation, accompagnement individualisé, soutien aux plus faibles,…) et de nouvelles activités plus centrées sur les élèves.

Avec confiance, la direction et les enseignants s’engagent également dans la réforme du 2ème degré professionnel dit 2DRD(2ème degré à rythmes différenciés).

Que Dieu garde à CARDINAL MERCIER et à son espace d’enseignement son dynamisme et donne à tous ceux qui y travaillent la foi et le courage des premiers pour continuer l’œuvre tant désirée par son fondateur, l’Abbé REYN.